To Make or not Remake ?

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Pour cette année 2016, le festival Entrevues a décidé de mettre le Remake à l’honneur. Entre classiques incontournables et réadaptations modernes, le remake demeure parfois une pratique périlleuse puisqu’il donne lieu à une nouvelle version d’un film qui a été autrefois un succès. Pour sa 31ème édition, le festival du cinéma indépendant de Belfort a privilégié la « sécurité » en proposant une programmation éclectique au travers de 17 remakes de référence (confrontés à leurs originaux pour l’occasion). Ainsi donc, vous pourrez retrouver entre autres les inévitables « Palma/Hitchcock, Tarantino » ; « Wes Craven/Ingmar Bergman » (…)

Mais il ne fait nul doute cher lecteur, que le mot « Remake » évoque également un challenge dont l’issu est malheureusement fatale. Force est de constater qu’un bon nombre d’échecs sont apparus sur nos grands écrans. Cependant, oseriez-vous imaginer que plusieurs réalisateurs de légende dont le talent n’est pourtant plus à démontrer, ont échoué dans cet exercice à double tranchant. On y retrouve donc dans cette insoupçonnable sélection :

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Psycho de Gus Van Sant 1998 : Une tentative illusoire où le réalisateur ose s’attaquer à un chef-d’œuvre « au prétexte aussi étrange que facile de faire redécouvrir le modèle aux jeunes générations ». Ce remake est  d’ailleurs complètement tombé aux oubliettes après sa sortie : tout le contraire du film originel !

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La planète des singes de Tim Burton 2001 : « Un désastre. Maquillages des singes risibles (alors que ceux du film original de 1966 tiennent toujours la route), acteurs inexpressifs et surtout un final totalement incompréhensible » Mieux vaut garder en mémoire le souvenir du sensible Edward aux mains d’argent…

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La deuxième souffle d’Alain Corneau 2007 :  Des comédiens de légendes inscrits au panthéon du cinéma qu’il est par conséquent difficile d’oublier,  des « clichés dignes d’un sketch », le seul intérêt du film étant peut-être la blondeur  platine de Monica Bellucci. Il vaut mieux vaut parfois se tourner vers la nouveauté…

Constance

(*Propos inspirés par Vanity Fair 03/12/2016)

Retour sur… Le Parc de Damien Manivel

« Deux adolescents se retrouvent dans un parc, ils se cherchent en l’arpentant dans une chorégraphie sentimentale désaccordée, timide et maladroite ». Tel est le pitch de départ du second long métrage de Damien Manivel présenté à l’occasion de la 31ème édition du festival Entrevues. Un film Le Parc, que certains cinéphiles ont pu également découvrir à Cannes dans la programmation de l’ACID.

Ce lieu « Le Parc » m’apparaît être le personnage central du film. Pour quelles raisons me direz-vous ? Car en dehors de ses paysages arborés, il est également un lieu vivant au travers duquel se déroule une multitude d’événements : on s’y promène, on y pratique un sport, on y observe la nature sous toutes ses coutures : des petits chemins sinueux aux vastes pelouses formant une étendue protectrice autour des promeneurs aventureux. C’est aussi un lieu intergénérationnel où s’entremêlent jeunes enfants chahuteurs et couples de vieillards joyeux. Parfois, on y parle même philosophie et psychanalyse au détour d’un sentier. Il est un endroit propice aux confidences, idéal pour surmonter des souvenirs d’enfance plus ou moins douloureux, ou des déclarations amoureuses à l’occasion d’un premier rendez-vous. Mais le parc peut être décrit tout aussi bien comme le lieu de l’expression de notre solitude, avec le sifflement silencieux du vent pour seule compagnie… En bref, un parc c’est l’expression du quotidien et de la vraie vie !

J’ai été séduite par la manière d’exposer ce lieu, qui finalement nous est à chacun familier. Qui n’a pas le souvenir, aussi ancien soit-il, d’une promenade improvisée ou d’un déjeuner champêtre sur ces vastes pelouses d’un vert éclatant. En revanche, j’admets avoir éprouvé une impatience face à la longueur de certaines séquences : celles-ci pouvant refroidir, ceux qui comme moi, recherchent avant tout une sorte d’intensité « pressée » de l’action.

Et pourtant, je vous engage à vivre ce rêve comme je l’ai vécu moi même, c’est une poésie que le réalisateur nous livre et nous enveloppe sans détour.

Constance

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Retour sur… Le Voleur de Lisbonne de Léo Richard

Synopsis : A Lisbonne, il existe une brigade spéciale dédiée aux vols de caméra. Peu de caméras sont retrouvées, parfois des cassettes, jetées au caniveau comme autant de souvenirs perdus. Des policiers les visionnent en espérant trouver des indices dans ce flot d’images touristiques et intimes.

Dans Le Voleur de Lisbonne, le virtuel a une importance telle qu’on enquête sur les vols de caméras dans la ville de Lisbonne. Dès lors, un univers intrusif est filé tout au long du film. De même que les caméras constituent une irruption dans la vie privée, des enquêteurs s’introduisent dans l’appartement du protagoniste principal sans y être invités dès le départ : la vie privée est sans cesse perturbée.

L’omniprésence du virtuel est accompagnée par le motif du souvenir, les cassettes deviennent détentrices de la mémoire, allant même jusqu’à remplacer celle de l’humain, qui devient moins performante. Les souvenirs de l’homme sont enfouis, et la cassette se charge de les restituer, comme le prouve le personnage de Jean, qui a du mal à se « souvenir ». Toutefois, ce dernier n’y accorde pas tant d’importance. Pour lui, la réalité est plus précieuse que les illusions qu’apporte le virtuel. Ainsi, les enquêteurs découvrent avec stupéfaction que Jean possède très peu de vidéos, alors même qu’ils étaient venus lui resituer d’éventuelles cassettes volées à son insu. Face à cela, la musique laisse place au silence, seul le bruit des criquets se laisse entendre face à la surprise des enquêteurs.

Ce film met aussi en évidence une forme de poésie, présente dans les rares descriptions de souvenirs du personnage principal. Mais la poésie des souvenirs se heurte à la tangibilité des enquêteurs, qui ne parviennent à saisir la portée merveilleuse des descriptions. De même, Diogo, un des enquêteurs, est décrit par les termes : « le poète, incapable de voir ce qu’il y a à voir, prêt à se laisser porter par le premier sentiment venu ». Si cela sonne comme une critique, ce personnage incarne une forme de grâce, qu’il parvient à restituer par le biais de la musique. La bande son est réalisée par ce dernier, qui joue du piano en toute simplicité au fond de la pièce, ce qui confère une forme de délicatesse au film.

En outre, le voleur apparaît aussi. L’intrigue principale tourne autour d’un voleur, qui aurait dérobé des caméras, mais aussi des cassettes. Pour les enquêteurs, cela constitue une réelle préoccupation, voire une obsession pour Octavio. Le voleur refléterait-il une forme de révolte face à l’omniprésence du monde virtuel ? Néanmoins, la fin du court métrage nous laisse songeurs, le voleur existe-t-il vraiment ?

Daria

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Le Jury Eurocks One+One a aussi son Snapchat !

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Pour sa 31ème édition, le Festival Entrevues s’associe une nouvelle fois au festival des Eurockéennes dans le cadre d’Eurocks One + One : un prix délivré par un jury composé de 5 jeunes du Territoire de Belfort, âgés entre 18 et 25 ans et parrainés par un professionnel de la musique.

Cette année, ce sont Alexandra, Camille, Emanuela, Julia et Maxime accompagnés de leur parrain Theo Hakola (ancien leader de Passion Fodder), qui récompenseront un film en compétition internationale pour son esprit musical et novateur.

Vous pouvez retrouver le Jury One + One sur les comptes Snapchat et Instagram des Eurockéennes.

Mélinda

 

Retour sur le festival : Rencontre avec Melvil Poupaud & Chiara Mastroianni

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A l’occasion de la 31 ème festival du film Entrevues, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Melvil Poupaud ainsi que Chiara Mastroianni à la sortie d’une Fabbrica autour du thème de « Jouer la comédie » animée par Jean-Marc Lalanne (rédacteur cinéma aux Inrocks). Lors de cette conférence nous avons pu écouter les deux comédiens échanger sur leur travail et la manière dont ils le pratiquent et le vivent. Le sujet de cette conférence s’articulait également autour de la culture et de sa transmission. Chose sur laquelle Chiara Mastroianni dira : « La culture, ça n’a aucun sens si on ne sait pas la transmettre ». A la suite de cette conférence, le film « Non ma fille tu n’iras pas danser » choisit par Melvil Poupaud et interprété par Chiara Mastroianni a été diffusé pour illustrer les propos échangés par les acteurs et ce qu’est être un acteur.

C’est à la sortie de cet événement que nous avons pu questionner les deux acteurs sur la conférence ainsi que sur les éléments pour lesquels nous avions besoin de précision.

C’est très vite,  qu’on se rend compte de la complicité qui anime ces deux grandes figures du cinéma. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils aiment dans le fait de jouer ensemble, ils s’accordent sur la même réponse et le « c’est facile » spontané de Chiara en dit long, pour eux, c’est comme une évidence.

« On se connaît depuis qu’on est petits, on se connaît bien, on sait comment on réagit, on a une sensibilité assez proche. On comprend tout de suite dans quel état est l’autre, ça simplifie les choses, c’est une complicité. » Melvil 

« Non mais c’est vrai, ça fait un peu dilettante de dire ça comme ça,  mais,  c’est pas seulement le fait que ça soit plus facile, c’est aussi un peu comme les musiciens quand ils font un concert, même si ils ont tout préparé, ils arrivent toujours à découvrir un truc nouveau pendant. La confiance mutuelle fait qu’il y a quelque chose qui peut arriver sans qu’on s’y attende. » Chiara

Qu’est ce qui fait que vous acceptez un rôle ou non ?

« Le metteur en scène, si je connais son travail et que je l’aime bien,  ou,  quand je le rencontre,  si c’est un premier film le rapport que j’ai avec lui, si je me sens en confiance, si j’ai l’impression qu’il est précis dans ses choix, qu’il a le film en lui. C’est plus la personnalité du metteur en scène plutôt que le scénario ou le personnage. » Melvil 

« Moi c’est pareil, on risque d’avoir beaucoup de réponses en doublon, on est proche. » Chiara

Y-t-il un moment pour vous qui à été le plus frustrant dans votre carrière ? Un rôle dur à jouer ? Une scène ?

« Moi j’ai l’impression qu’il y en a toujours plein, mais c’est pas tellement le fait d’avoir réussi, moi ce que je ressens plus parce que je suis souvent dans des seconds rôles, c’est la frustration d’arriver quand c’est déjà commencé et de repartir avant la fin. Sinon les scènes où on a l’impression de pas y arriver ça arrive un milliard de fois mais j’ai souvent confiance dans le metteur en scène et dans le fait qu’il s’arrête pas temps qu’il a pas son truc. Ça m’arrive des crises de panique comme ça ou je me dis que je vais jamais y arriver mais je me calme en me disant que je peux me reposer sur le metteur en scène et si il dit que c’est bon, c’est bon. » Chiara 

« Moi aussi en vieillissant… Quand on est plus jeune on est frustré, on rentre chez soi et on se dit « Ah merde, j’aurai du faire ça comme ça », on revisite la scène mille fois dans sa tête en se disant « mince j’aurai pu faire autre chose » et puis en vieillissant, plus on travaille sur le moment du tournage avec le metteur en scène, plus on se rassure en se disant qu’il aura ce qu’il lui faut au  montage. » Melvil 

Vous est-il déjà arrivé de choisir un film pour le scénario et non pour le rôle que vous deviez jouer ?

« Oui, moi ça m’est déjà arrivée. Mais ce n’était pas vraiment pour la film ou pour le scénario, c’était pour le metteur en scène, finalement on en revient toujours à lui. » Chiara

A quel personnage vous identifiez-vous le plus dans les films que vous avez vu ou vos propres films ?

« Alors moi heureusement il n’y en a pas beaucoup. En général j’essaye de choisir des choses auxquelles je m’identifie pas,  parce sinon ça m’amuse pas du tout. » Chiara

« Moi je m’identifie et j’aime bien les personnages plutôt ambiguës, avec un second fond plus obscur que juste le personnage solaire et charmant, j’aime bien le côté un peu tordu dans le fond du personnage. C’est ce qui m’intéresse de jouer. » Melvil

 

Sarah 

 

 

Retour sur… La Maison d’Aliona Zagurovska

L’intimité des gens à ciel ouvert, tel serait le fil rouge du court métrage d’Aliona Zagurovska. Malgré un climat ambiant de plus en plus défiant, où l’humain semble adopter un comportement quelque peu individualiste, la réalisatrice ukrainienne prend son courage et sa créativité à deux mains pour s’immiscer avec subtilité chez des anonymes laissant quant à eux « espérer une alternative à l’apathie urbaine ».

Au départ, on dénote une certaine gêne mécanique de la part des interrogés, mais celle-ci tend à se disperser au fur et à mesure que le dialogue s’établit.  Après que la réalisatrice ait interpellé quelques passants croisés au détour d’un jardin public, et essuyer le refus des plus réfractaires à l’idée de se dévoiler devant une caméra, on suit le parcours d’Éric : un quinquagénaire décomplexé puisqu’il ne semble en aucun cas s’étonner de la requête inhabituelle de la réalisatrice, qui est de nous ouvrir les portes de « sa maison ».

A peine passé la porte de son sanctuaire, le spectateur est immédiatement traversé par le vécu du protagoniste, comme en témoigne l’intérieur fourni de souvenirs de son appartement du XVIIIème arrondissement. Un homme qui au premier abord apparaît plongé dans une solitude routinière animée par la nostalgie de ses souvenirs, jusqu’au moment où sa mère pénètre dans l’appartement. Nous le suivons ensuite en dehors de ses murs pour y découvrir, rassuré, que l’homme connaît les habitués du quartier. Une œuvre sincère, touchante dont la seule frustration serait liée au format, c’est-à-dire la courte durée du film. Car comme tout être curieux que nous sommes, nous aimerions poursuivre cette invitation cinématographique afin d’en connaître davantage.

 Constance

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Coup de cœur d’une rédactrice du journal entrevues – Maso et Miso vont en bateau

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Coup de cœur au Festival Entrevues cette année : un documentaire féministe de 1975, qui détourne et démonte une émission spéciale avec Bernard Pivot, diffusée le 30 décembre 1975 sur Antenne 2.

Intitulée « Encore un jour et l’Année de la femme, ouf ! c’est fini », l’émission consistait à faire défiler des personnalités publiques connues pour être de « fieffés misos » (A. Sanguinetti, J. Martin, F. Bellemare…) et à demander sa réaction à Françoise Giroud, secrétaire d’État à la condition féminine.

Stupeur : Françoise Giroud, par ailleurs si critique, dénie la misogynie évidente, et joue la séduction, la complaisance, le consensus (maso). Elle enterre le débat avant qu’il ne commence, dans une langue de bois caractéristique du monde politique. Bernard Pivot s’en sort mieux, jouant de sa candeur bonhomme pour la déstabiliser, mais les réponses restent lisses.

Le documentaire présenté est extraordinairement efficace malgré la simple technique utilisée : quatre féministes radicales (Nadja Ringart, Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Ioana Wieder) répondent à ce déni en interrompant le déroulement de l’émission pour intégrer leurs commentaires caustiques, écrits à la main. Elles parasitent l’image et le son, jouant du comique de répétition et d’une musique décalée, et transforment un document affligeant de mièvrerie en un film comique, où la franchise et la pertinence des réparties sont jubilatoires.

Le sujet reste d’actualité, la misogynie  des politiques et des patrons n’est pas un vieux souvenir d’il y a quarante ans ! Heureusement, on peut retrouver « Maso et Miso vont en bateau » sur Internet.

Nicole Cordier

 

 

Conférence avec Philippe-Alain Michaud : « La reprise, histoire du cinéma et répétition »

 

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«Le passé n’est pas ce qui discrédite une oeuvre, mais c’est bien ce qui la justifie»

Hier en fin d’après-midi, nous avons assisté à une conférence dirigée par Philippe-Alain Michaud concernant le remake et de ce qu’on en pense dans le milieu du septième art à travers le temps. Le conférencier compare dans un premier temps le remake à un rituel malgache qui consiste à exhumer les morts. Dans un sens, il est vrai que le remake donne une seconde vie à une oeuvre oubliée, et qui ne le méritait pas. La reprise, c’est également mettre son propre génie dans un modèle déjà existant et savoir s’en démarquer. D’ailleurs, le cinéma lui-même peut être considéré comme ce rituel. En effet, redonner vie à des visages, des émotions, des événements en les filmant. Il y a comme un certain sens d’immortalité dans le cinéma.

Michaud explique que la critique moderniste considère un film irrecevable s’il a déjà été fait. Cela discréditerait l’oeuvre, comme l’explique le philosophe Kant, puisque selon lui la première propriété du génie serait l’originalité. La pensée hégélienne vient casser cette tendance, en montrant que le passé n’est pas ce qui discrédite une oeuvre, mais c’est bien ce qui la justifie. De plus, nous pouvons voir à travers l’histoire que le passé est en lien permanent avec le présent, déjà dans la littérature médiévale. A cette époque, il n’y avait en aucun cas de notion de propriété, et chaque écrivain reprenait des idées d’un prédécesseur pour s’en inspirer. Ainsi, il y avait une forme de remake littéraire.

En bref, ce fût une conférence vraiment très intéressante sur la notion du remake et de l’originalité, qui je pense sont des thèmes qui peuvent s’appliquer dans tous les arts.

Emeline

Retour sur… Le Fantôme de l’Opéra de Rupert Julian

Hier après-midi, nous avons eu la chance d’assister à la projection d’un vieux film, mais non des moindres, The Phantom of the Opera (1925), de Rupert Julian. En ce temps-là, les effets spéciaux et les trucages relevaient du « système D », mais conservaient néanmoins un charme particulier. Ce film en noir et blanc, colorisé sur quelques plans à la méthode Méliès, nous fait découvrir l’histoire d’un fantôme, follement amoureux d’une chanteuse d’opéra, Christine. Ce personnage suscite beaucoup d’émotions, parfois même contradictoires. Nous sommes partagés entre pitié, identification, peur et dégoût. Quand nous avons pitié de lui, nous avons presque de la compassion pour ce personnage.

C’est d’ailleurs ce qu’il me plaît dans ce film. Le « méchant » paraît ici plus complexe par rapport aux autres personnages similaires dans les mêmes années. Souvent, les protagonistes sont soit tout blanc, soit tout noir. Il n’en est rien ici, et cela est fort plaisant.

Les spectatrices vous recommandent ce classique du cinéma muet!

Emeline

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