Rencontre avec Kavich Neang

Dans les coulisses du festival, nous avons eu l’occasion de vivre un moment rare et enrichissant.

Nous avons interviewé un jeune réalisateur Cambodgien, Kavich Neang, qui s’est rendu au festival Entrevues pour présenter son premier court métrage « Three Wheels », interview filmée que vous pourrez retrouver sur notre blog d’ici quelques jours. Jusque là rien d’hors du commun. Malgré un petit problème technique pendant la prise de vue, Kavich est resté très patient et compréhensif. Par la suite, nous avons parlé pendant quelques minutes dans la langue de Shakespeare avant que nos chemins ne se séparent.

Le soir même, nous avons convié Kavich à se joindre à nous pour le temps du repas et de là est né un échange interculturel passionnant, la rencontre entre deux civilisations aux coutumes et habitudes opposées. Autour de plats typiquement français, il nous a fait part de ses difficultés à s’accommoder à nos habitudes culinaires, très différentes de celles du Cambodge. Dans son pays, ils sont plus habitués à manger du riz matin, midi et soir, accompagné de serpents, d’araignées, de grenouilles et de criquets, le tout cuit au barbecue !

« – Est-ce que vous mangez des criquets en France ?
– Ca ne risque pas, nous sommes plus effrayés et dégoûtés à l’idée de manger des insectes.
– Vous devriez c’est excellent… Le goût est similaire à celui du poulet, pour vous donner une idée ! »

Et pour ce qu’il en est du cliché sur les français qui mangent des cuisses de grenouille, voici la version Cambodgienne de la question :

« – Quels sont les clichés sur les français ? Nous mangeons des grenouilles ?
– Pas vraiment, non, mais… Vous en mangez ?!
– Non, disons pas aussi souvent que ce cliché vous laisse le penser.
– Chez nous on en mange, c’est délicieux ! »

A l’approche des fêtes de fin d’année, nous avons demandé à Kavich s’il fêtait Noël au Cambodge, quelles étaient les traditions pour fêter la nouvelle année. Le bouddhisme étant la religion la plus présente dans le pays, la célébration de Noël est uniquement commerciale au Cambodge. Kavich, lui, le fêtait avec ses parents uniquement quand il était enfant. Et pour nouvel an, tout comme en France, les jeunes le célèbrent entre amis, ou en famille.

Sans transition, Kavich nous a expliqué qu’il n’est pas habitué à marcher beaucoup et que son séjour à Paris, qu’il a visité avant de venir à Belfort, l’avait vraiment fatigué. Dans son pays, ils utilisent énormément des mobylettes et des tuk tuk pour se déplacer. Il a bravé le froid glacial de la capitale française, alors qu’en ce moment la température à Phnom Penh frôle plutôt les 30°, vêtu d’une doudoune fraichement achetée à Decathlon pour l’occasion. Il nous avouait par la suite s’être fait un peu surprendre par les températures.

Et le cinéma ? Au Cambodge il n’y a pas d’école spécialisée dans le cinéma. Il a tout de même tout appris dans son pays et c’est aussi là-bas qu’il a tourné le court métrage qu’il présente au festival Entrevues.

« – Quels sont les festivals de cinéma français qui sont réputés au Cambodge ?
– Quand je suis devenu réalisateur, l’un de mes anciens professeurs m’a parlé des festivals de cinéma en France où je serais susceptible de montrer mon travail. Bon, bien-sûr il y a Cannes [rires]. Autrement il m’avait parlé de Belfort, de Clermont-Ferrand et d’Angers. »

La liste des anecdotes est encore bien longue, et il est difficile de trouver des mots suffisamment forts pour décrire notre ressenti après cette rencontre insolite. En ce qui me concerne, et je pense pouvoir parler au nom de tous, j’en garderai un merveilleux souvenir. Celui d’un jeune réalisateur très accessible, profondément gentil et qui, le temps d’un instant, nous a fait voyager au Cambodge.

« Keep it in your mind. The less you say, the better.”

Lorène Clermont

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *