Dansons maintenant de Mathilde Buy

France, 2017, 23 minutes

 

Alors que l’injustice sociale nous choque quotidiennement, combien est jubilatoire le contenu de Dansons maintenant.

Qu’y voit-on ? Un couple de jeunes travailleurs écrasés par leur condition, malmenés par les bienpensants, les nantis.

Subissant la monotonie des jours tristes ils pressentent l’avenir comme sombre et nébuleux. Au fond ils ne voient rien !

Le personnage central de l’histoire, « la voleuse » qui évoque Marianne, « la Marianne », sera le facteur déclencheur du sursaut libertaire amenant les victimes de cette société cynique à réagir.

La nuit on danse, on saute et on fait sursauter. La nuit, elle est à tout le monde, et c’est par elle que tout s’éclaire, tout est possible. On la renverse la vie.

Le récit, inspiré d’un fait réel se déroulant dans les années 30, on serait tenté de dire que rien dans les rapports de pouvoir ne change. Plutôt cela empire !

A remarquer l’incursion du film dans le burlesque façon movies de la Keystone (ah, comme les lampadaires nous élèvent !) ou ce clin d’œil au surréalisme de Buñuel dans la scène anthropophage au restaurant.

Ce film de jeunes fait plaisir, donne espoir que les générations montantes ne suivront pas les traces de leurs ainés. Qu’en lieu et place de l’idéal de réussite sociale à tout prix d’autres valeurs plus humaines réapparaissent. Que l’égoïsme et le mépris dont font preuve les plus riches et puissants fassent place à l’entraide et au respect.

Empreint à la fois de gravité et de fantaisie, de gaieté et d’irrévérence il nous fait adorer cette « voleuse », incarnation souriante de la liberté qui jamais ne s’incline.

 

Paru dans le journal n°4 du mercredi 29 novembre

Richard Prospero

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