Déter de Vincent Weber

France, 2017, 35 min

 

Le Grau du roi : là où sables et mer ont des frontières indistinctes. Dans la moiteur de l’été, garçons et filles ont mis leurs peaux nues, couleur ambre.

Daniel, en vacances, sur le fil rouge de la quête, très déterminé à trouver le bonheur, va à la rencontre de l’autre. Rencontres parfois « brut de décoffrage » entre potes. Ça dit c’que ça pense, tant pis pour les injures. Rencontre aussi par la danse, langage inconscient du corps, de l’indicible. Ce taiseux pourrait dire : « j’ai pas les mots »

Du côté de la prise de vues, souvent en plans moyens, la caméra se fixe non-stop sur notre héros. Elle privilégie l’opposition entre  dedans et dehors, entre une attitude intériorisée ou expansive de Daniel, seul ou en groupe. C’est par les chiffres très présents que la scansion rappelle celle du slam, soutenue, hachée. Mais parfois la rencontre se fait tendre quand ce Roméo kiffe sa Juliette, tendre dans sa grande douceur. Quand ça foire, ce cœur cabossé se replie dans sa bogue de châtaigne, et s’emmure sur ses blessures. 35 minutes de film ont suffi à nous rappeler l’image du garçon, ou de la fille que nous avons été… Image enfouie.

Sur le seuil de la salle, persiste encore en moi l’odeur de la mer, le cri des mouettes, et la sensation des grains de sable collés à mes doigts gourds…

 

Paru dans le journal n°2 du lundi 27 novembre

Michelle Megy

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