Interview d’Olivier Capelli et de Vincent Weber

Comme chaque année, Entrevues vous propose de découvrir un panel de court-métrage faisant partie de la compétition. Lors des ciné-cafés de 11h à midi et même durant l’intégralité du festival, les diverses personnalités (acteurs, producteur, cinéastes …) se tiennent disponible pour vous faire découvrir leur univers et partager un moment d’échange informel. Nous avons rencontré Vincent Weber et Olivier Capelli, scénariste et producteur du court-métrage Déter, également sélectionné pour le concours Eurocks One + One, pour lequel il a gagné une mention particulière.

 

Comment avez-vous débuté dans le monde du cinéma ?

Vincent : « J’ai fait une école de cinéma, tout simplement. »

Olivier : « Et moi c’est pareil, j’ai fait une école de cinéma et j’ai découvert ce milieu via des stages dans des boîtes de producteurs principalement, puis avec des producteurs directement, et voilà c’est comme ça que j’en suis arrivé là. »

 

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Vincent : « Alors moi je venais de terminer un film et je cherchais quelqu’un pour le mixer. J’ai alors demandé à une connaissance à moi si elle connaissait quelqu’un qui pouvait m’aider. Cette personne m’a fait rencontrer une personne qui a donc mixé le film. On a plutôt bien sympathisé et un jour il m’a dit « Ha bas Vincent, il faut absolument que je te fasse rencontrer quelqu’un qui est producteur. Je pense que ton film pourrait l’intéresser… »

Olivier : « C’est ça ! Vincent avait fait le tournage de Déter et il était aussi en train de finir un film. Il ne savait pas trop vers quel film aller, comment le faire, et c’est là que je suis intervenu. »

 

C’est donc votre première collaboration ?

Vincent : « Alors du coup, Olivier m’a aidé à finir le film sur lequel j’étais depuis 3 ans, il m’a aidé à le terminer et Déter c’était vraiment le premier film sur lequel on a vraiment travaillé ensemble.»

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce film ?

Vincent : « Alors c’est une histoire un peu compliquée et un peu longue (rire). À la base, le film n’était pas vraiment prémédité. Je venais de terminer le fameux film que j’avais mis trois ans à faire et j’avais peur de me retrouver sans rien à la fin, peur de ne plus savoir quoi faire, peur de tourner en rond dans ma chambre. J’avais envie de tourner un film rapidement. J’ai donc écrit un scénario dans lequel je jouais avec mon petit frère, et qui est actuellement dans le film. J’avais un ami qui devait venir filmer, et cinq jours avant le début du tournage, il m’a dit qu’il ne pouvait pas venir car il était sur un projet qui, lui, était rémunéré. Mais on a décidé de faire le film malgré tout ! j’ai donc pris la décision de filmer et de faire de mon frère, le personnage principal. On a donc réfléchi à un nouveau personnage principal, qui pouvait être mon frère. Sur le tournage, c’est devenu de l’improvisation totale. La seule chose qui n’avait pas changé, c’était le lieu.»

 

Et alors, pourquoi cet éloge du sud et plus particulièrement, du Grau-du-Roi ?

Vincent : « C’est une ville que j’aime beaucoup. C’est là que mes grands-parents ont passé la fin de leur vie. C’est une ville dans laquelle je passais tous mes étés, à m’ennuyer, tout seul, à rencontrer des garçons, des filles … Enfin voilà, j’ai passé énormément de temps là-bas et en plus d’être un lieu qui me touche particulièrement, c’est un endroit que je trouve vraiment très intéressant, très beau à filmer. »

Olivier : « Il y a aussi cette volonté de filmer pendant l’été pour le film de Déter, c’était vraiment une grosse différence par rapport aux films précédents qui étaient joués hors saison.»

Votre prochain métrage, vous allez continuer à le faire ensemble et à jouer avec cette improvisation ?

Olivier : « Je pense qu’on va le faire ensemble ! »

Vincent : « Oui oui on le fera ensemble c’est même sur ! et là actuellement, j’essaie de trouver une nouvelle forme d’écriture un peu plus cadrée que le scénario de Déter, mais l’idée c’est quand même de continuer cette intrusion dans la vraie vie et donc d’avoir un mélange de scènes écrites et bien réfléchies à l’avance, et d’autre pas du tout, avec des gens pas forcément comédiens de métier. Enfaite, on veut prolonger cette recherche qu’on a mené pour Déter, en gardant les trucs cool, les trucs qui marchent bien, les trucs qui nous font kiffer et en même temps, on veut quelque chose de peut-être plus mature dans la réflexion »

Oliver : « L’objectif de ce second film c’est de trouver comment faire pour garder toute cette spontanéité, cette fraîcheur dus aux accidents de tournage, mais sur quelque chose de très cadré. Ça passe par une recherche spécifique dans le scénario, ça demande également un travail approfondi en amont avec les personnages et les gens qui potentiellement les joueront. On fonce en restant très ouvert sur « là où on veut aller. »

Vincent : « Ouais carrément ! »

Olivier : « Enfaite, sur le prochain film, on pas envie de rester dans un système qui est de devoir écrire un scénario, remplir des dossiers, et de devoir attendre un an pour faire le film. On ne s’inscrit pas dans cette démarche, surtout Vincent. » (Rire)

 

Lors de 32ème édition, vous avez pu découvrir une catégorie consacrée au thème de la réalité virtuelle. Est-ce que pour vous, une expérience en réalité virtuelle à autant de valeur qu’une expérience réelle ?

Vincent :  « Non, je suis un vieux réac’ (rire). Je ne connais pas vraiment, je n’en ai jamais vu réellement mais je ne pense pas. C’est mieux pour moi de vivre de vraies choses. On a déjà bien assez de mal à se parler entre humains, à communiquer et donc pour moi, rien ne vaut une vraie expérience réelle. »

Olivier : « Moi je ne sais pas, car j’ai seulement testé le dispositif avec les lunettes pour expérimenter rapidement la réalité virtuelle et je n’ai jamais vécu d’expérience comme on peut voir avec des films qui te mettent réellement en situation. Je n’ai pas encore vécu ce truc et je n’ai pas l’impression qu’on ait trouvé un dispositif qui permette réellement de confondre la réalité et le virtuel. Et j’espère que ça n’arrivera jamais parce que ça doit être horrible ! »

Vincent : « Ah ouais moi ça m’angoisse » (rire)

 

Marion Cuenot

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *