Interview de Yann Le Quellec, réalisateur

Nous avons eu la chance d’interviewer Yann Le Quellec, auteur de bande dessinée, gérant de la société Cinémage et réalisateur du film Cornélius, le meunier Hurlant, présenté lors du festival Entrevues et vainqueur du Prix du public pour le long-métrage.

 

Quel est votre ressenti sur le festival ?

 

C’est ma première venue au festival Entrevues. J’ai été agréablement surpris de la cinéphilie, de la bienveillance et de l’énergie qui se dégage du festival. C’est un très bel endroit pour présenter un film.

 

En 2003, vous créez White Light Film Finance, société de conseils en financement spécialisée dans l’industrie cinématographique. En 2006 vous êtes cofondateur de la SOFICA Cinémage. Ce sont ces premiers contacts avec le monde du cinéma qui vous ont donné envie de vous lancer en tant que réalisateur ?  

 

J’étais très cinéphile étant jeune et évidemment, j’ai eu à cœur de travailler dans l’industrie du cinéma, d’abord sous l’angle de la production et du financement via la SOFICA cinémage, puis via la société White Light par laquelle j’ai produit mes deux premiers métrages en tant que réalisateur, et je poursuis en parallèle ces activités qui me semblent liées.

 

En 2011, vous avez sorti une bande dessinée Love is in the air guitare, est-ce une seconde passion ?

 

J’ai écrit le scénario de Love is in the Air Guitare, qui est un roman graphique paru aux éditions Delcourt en 2011, je continue ainsi mon activité d’auteur. Je vais sortir en 2018 une autre bande dessinée aux éditions Delcourt, et je travaille également un sur un troisième projet de bande dessinée. Donc on peut dire que c’est une activité que je mène en parallèle du cinéma. Je les trouve assez complémentaires. Il y a une certaine “légèreté” dans le processus de création d’un roman graphique, qui est éloigné du processus, passionnant, mais beaucoup plus long de la production de film. Il y a quelque chose qui permet d’être en mouvement dans la bande dessinée qui me plait beaucoup et qui me permet de travailler en parallèle des films que je réalise.

 

Vous avez réalisé Cornélius le meunier hurlant : ce long-métrage de la compétition est une adaptation du roman de Arto Paasilinna, pourquoi avoir choisi cette œuvre ?

 

Au départ, Le meunier hurlant est un livre de Arto Paasilinna, qui est un auteur finlandais que j’aime beaucoup. Cet auteur travaille énormément la question du conte et de la fable mais sur un mode à la fois comique et mélancolique, avec des personnages hauts en couleur. Le meunier hurlant était un livre que j’avais lu il y a une dizaine d’années qui m’était resté très fortement en tête. Quand je suis passé à la réalisation d’un long-métrage, c’est donc tout naturellement que j’ai trouvé des échos entre les thématiques de Paasilinna et ce que j’avais pu réaliser dans mes courts-métrages précédents (Je sens le Beat qui monte en moi et Le Quepa sur la vilni). C’est ce qui m’a permis de travailler en même de temps sur une trame narrative assez solide sur laquelle je pouvais également greffer des choses beaucoup plus personnelles. J’ai essayé de partir de l’œuvre de Paasilinna puis de me l’approprier le plus possible, en restant peu fidèle à la lettre, mais très fidèle à l’esprit, du moins je l’espère.

 

S’il y avait un film à voir cette année au festival Entrevues, lequel serait-il ?

 

Je n’ai pas eu le temps de voir beaucoup de films. J’en ai vu deux, néanmoins j’ai trouvé le film Madame Hyde de Serge Bozon très intéressant et très revigorant.

 

Entre votre rôle de producteur, de réalisateur et de scénariste, que préférez-vous ?

 

C’est difficile, enfin, si je fais autant d’activité c’est que j’y trouve des qualités dans chacune d’elle. Je trouve également qu’elles sont extrêmement complémentaires. Après c’est vrai que dans mon travail de réalisateur il y a, notamment au moment du tournage, une certaine adrénaline et un aspect aussi collectif qui est également très enrichissant et que j’adore par-dessus tout.

 

Une réalisation en cours peut-être ?

 

(Rire) Alors là, je réfléchis à plusieurs pistes pour mon prochain film de long-métrage. En parallèle, je prépare la sortie du film Cornélius, le meunier hurlant qui sortira normalement en salle le 2 mai 2018.

 

Selon vous, est-ce qu’une expérience en réalité virtuelle a autant de valeur qu’une expérience réelle ?

 

L’expérience que l’on a en tant que spectateur, que ce soit devant un film de fiction classique ou un film en réalité virtuelle, reste une expérience que l’on a au moment où l’on est dans la vie, c’est-à-dire au moment présent, au même titre que les actions qui se passent au quotidien. Pour moi, c’est une expérience qui permet d’avoir un regard extérieur, et qui me permet de nourrir la façon dont j’éprouve le reste de ma vie. Je ne suis pas un spécialiste, mais je pense que la VR est à la fois intéressante et en même temps, elle ouvre des horizons de scénario.

 

Crédit photo : © Vincent Courtois – Festival Entrevues Belfort

Marion Cuenot

 

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