Mi Amado, Las Montañas d’Alberto Martin Menach

Suisse-Espagne, 2017, 25’

La montagne, à la fois belle et sauvage, nous séduit, nous émerveille, nous terrifie. Avec une photographie parfaitement maitrisée, une esthétique du cadre singulière et envoutante, ce film nous fait osciller entre le songe et la réalité. Les premières scènes, crues, montrent sans ombrage une nature sauvage, une chaine alimentaire où chacun est le prédateur de l’autre. La caméra suit les villageois, à l’affut, de jour comme de nuit, ils traquent, ils chassent jusqu’au crépuscule, jusque dans la nuit. Ils savent aussi être patients, à l’écoute du moindre bruissement de brindille. Ici, les vergers sont poétiques, comme ce vers éponyme emprunté au Cantique de San Juan de la Croix : Mi Amado, Las Montanas. Les oiseaux chantent, le feu crépite, les mots sont économisés. La vie et la mort se côtoient sans drame. Elles forment un tout naturel, universel. Un cycle qui se perpétue. Le monde rural avec ses rites et ses traditions est bien vivant !

Ce film est mis en scène comme une ode à la montagne et aux montagnards. Les séquences s’enchainent comme autant de tableaux qui jalonnent la vie du village ; et cette jeune femme qui observe son village, silencieusement, comme on pourrait faire un chemin de croix. On ne sait si elle vient ou si elle part, elle se questionne et nous questionne.

 

Paru dans le journal n°1 du dimanche 26 novembre

Laura Zornitta

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