Qu’est-ce que la vraie vie ?

Nous avons assisté à la première représentation de la Fabbrica du dimanche 26 novembre 2017 du festival rêvé de Saïd Ben Saïd. En sa compagnie ainsi qu’avec la présence du scénariste Pascal Bonitzer, nous avons eu l’occasion de débattre sur le film Le Lieu du crime d’André Téchiné.

 

Pourquoi avoir choisi ce film ?

 

Saïd Ben Saïd évoque le visionnage de ce film alors qu’il était encore étudiant à Paris. À cette époque, il souhaitait “changer de vie”, à l’instar des personnages présentés dans le film. Constamment tiraillés entre l’enfermement qui contraste avec l’utopie de la liberté, les personnages doivent affronter “les vents du dehors” afin de combler leurs désirs. Mais la satisfaction de ces désirs n’est pas sans risques : “lorsque l’on ouvre une porte, on ne sait pas si une tornade sera présente”. Au final, on se pose la question : qu’est-ce que la vraie vie ? Faut-il suivre ses pulsions au risque de tout perdre ? Saïd Ben Saïd présente ce film comme “l’un des films les plus romantiques du cinéma français”.

 

Photo de la deuxième rencontre Fabbrica

Saïd Ben Saïd répond aux questions des spectateurs, en compagnie de la déléguée générale Lili Hinstin et du scénariste Pascal Bonitzer (présentés de gauche à droite).

 

Comment écrire un scénario à plusieurs ?

 

Pascal Bonitzer remonte à la création du scénario du film, qu’il a été rédigé en collaboration avec André Téchiné et Olivier Assayas. La majeure partie du scénario fut rédigée dans un palace, avec comme point de départ Les Grandes Espérances de Charles Dickens. Pascal mentionne la “continuité dialoguée” et précise que l’écriture du scénario se faisait au jour le jour. 30 ans après le premier visionnage du film, il décrit celui-ci comme “un mélo totalement assumé” et se rappelle de la performance extraordinaire de Catherine Deneuve du début à la fin du tournage.

 

Affiche du film Le lieu du crime

Catherine Deneuve dans Le Lieu du crime.

 

Le métier de producteur

 

SBS décrit son travail en tant que producteur. Il intervient principalement dans la validation du scénario et du montage, qui est selon lui une remise en cause du scénario, mais laisse néanmoins les metteurs en scène travailler. Il précise qu’il n’y a pas de règle générale pour qu’un producteur approuve un scénario, mais qu’il faut d’abord avoir envie de travailler en collaboration avec un cinéaste.

Comment un scénario s’oriente ?

“Cela dépend”, répond SBS. Il laisse une liberté totale au metteur en scène, tout en sachant que le directeur de production est présent sur le plateau pour le représenter. Cependant, il émet ses remarques au fur et à mesure, afin d’en améliorer le résultat.

 

Photo d'un homme en train de travailler sur un ordinateur.

 

Qu’est-ce que le métier de producteur de cinéma ?

 

Saïd Ben Saïd est confronté à une question du public concernant le flou qui entoure le métier de producteur. Sa réponse est étonnante : “je ne savais pas moi-même en quoi ça consistait quand j’ai commencé”. Pour lui, il n’y a pas de réelle définition précise sur le métier de producteur : d’une personne à l’autre, les tâches ainsi que les manières de travailler sont assez différentes. Par exemple, SBS n’intervient jamais sur un lieu de tournage, car il trouve que cela ne sert à rien; il intervient principalement dans la validation du scénario et du montage, qui est selon lui une remise en cause du scénario, mais laisse néanmoins les metteurs en scène travailler. Son but était de suivre dès que possible la voie de Jérémy Thomas, un producteur anglais qu’il admire, dont le travail consiste à créer des liens entre le cinéma indépendant et l’Amérique.

“Il a ouvert des pistes et m’a aidé à trouver ma voie : c’est un producteur qui faisait exactement ce que je fais aujourd’hui : tisser des liens entre le cinéma européen et le cinéma indépendant américain. En m’inspirant de lui, je me suis tout de suite défini comme un producteur français, mais dont la géographie est celle du cinéma indépendant international.”

Au final, la meilleure façon de définir un producteur est de “se prendre pour un producteur” et qu’il n’y a pas de règle générale pour approuver un scénario, mais qu’il faut avant tout avoir l’envie de collaborer avec un cinéaste.

 

Ludovic Rubino

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