She’s Beyond Me de Toru Takano

Japon, 2017, 42 minutes

 

She’s Beyond Me de Toru Takano raconte l’histoire de Kazuki, un jeune auteur éclectique qui passe ses vacances sur son île natale. Des voyageuses, Reiko et Yuka, venues de la ville, rencontrent Kazuki et entremêlent leurs destins avec le sien, amorçant un jeu de romances et séductions qui s’oppose à un souvenir douloureux. Mais est-ce réellement un souvenir ? Le héros fait de l’amour sa quête, sa priorité au dépend d’une réflexion pragmatique. Il se laisse bien souvent submerger par les événements qu’ils soient passés ou actuels. Kazuki, l’auteur, est donc plus lecteur que rédacteur de sa propre vie. Il y a justement plusieurs scènes qui abordent la position de l’auteur. Kazuki raconte son expérience : il apprend en écrivant, se nourrit de ses créations et grandit avec elles. Un autre parallèle dressé entre le film et l’ouvrage est présenté par la multitude de plans-séquences faisant presque office de chapitres.

Takano semble nous proposer un message, une réflexion sur sa propre position de scénariste comme si, via Kazuki, le réalisateur opposait son passé à son présent ou ses écrits à la réalité. L’un des atouts de ce film réside également dans l’ambiguïté de la mise en scène des personnages. En effet la même actrice joue deux rôles principaux, le spectateur met ainsi un certain temps à comprendre ce jeu d’opposition entre les personnages car cette dualité est omniprésente, tant dans le jeu que dans le montage. Les personnages de Reiko, la voyageuse, et celui de Chihiro, l’ex de Kazuki, ont énormément de ressemblances qui sont trompeuses pour le spectateur. De plus, tout comme l’a été sa relation avec Chihiro, celle entretenue avec Reiko est en constant déclin où chaque avancée est suivie d’un recul plus important. Le protagoniste est timide et ne sait pas comment s’y prendre avec les femmes ce qui cause de nombreux quiproquos en adoptant par moments le comportement d’adolescent naïf qui s’avance vers l’inconnu. La dernière scène révèle le titre du film et invite le spectateur à construire sa propre interprétation du récit. Fiction ou souvenir de vacances ?

 

Paru dans le journal n°5 du jeudi 30 novembre

Chloé Galzi

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