A priori sauvage de Romain André

Jean-Marc est insomniaque. Pour trouver le sommeil, il déambule, noctambule, dans les rues de sa ville. Mais la nuit, tous les chats ne sont pas gris : une Martes Foina, ou fouine pour les intimes, sillonne-t-elle aussi le quartier en ces périodes nocturnes, et nargue de son pelage brun le mobilier urbain.

Jean-Marc, inquiété par la présence de l’animal, et de l’impact sur ses nuits, alerte alors la mairie. Aurélie, chargée de médiation à la municipalité, s’efforce d’apaiser ce citoyen pas trop opposé.

De cet échange épistolaire moderne, naît un constat drôle et absurde, fruit de la réflexion des personnages ou du spectateur lui-même ; car il est bien question d’absurdité dans le court-métrage de Romain André :

Le paysage urbain, a priori bienveillant et fédérateur, y est tantôt menaçant (les lumières s’éteignent sur notre passage ; on semble s’y volatiliser au détour d’un camion), tantôt un obstacle au contact humain (on s’y croise mais l’on ne se voit pas, victime de la verticalité des villes)…

Dans cette agora moderne, l’échange ne semble exister que lorsque la chose publique nécessite une réponse collective. Ces « incidents » ne sont-ils pas brandis en dernier recours par des individus isolés, meurtris, à l’instar des deux individus lancés à la poursuivre du sympathique nyctalope ?
Pourtant, il n’est pas toujours nécessaire de fouiner pour créer du lien, mais juste, parfois, de tendre la main.

 

Thibaud Martin

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