L’amour debout de Michaël Dacheux

Léa et Martin se sont aimés à Toulouse puis se sont séparés. Dans l’espoir de recoller les morceaux, Martin monte à Paris retrouver Léa qui anime désormais des visites guidées sur l’architecture de certains lieux de la capitale. Ces retrouvailles se soldant par un échec pour Martin, chacun va continuer à vivre sa vie. Martin rêve de cinéma et va dispenser des cours d’éducation à l’image dans un collège, Léa va rencontrer un homme plus vieux dont elle va tomber amoureuse non sans hésitations et remise en questions. Les chemins empruntés par Martin vont lui aussi le conduire dans les bras d’une belle personne. Le premier film de Michael Dacheux présenté en clôture de l’ACID cette année à Cannes est avant tout un film sur l’apprentissage et la transmission. À un âge où les études sont terminées, nos jeunes protagonistes exercent tous deux des activités pédagogiques alors eux-mêmes commençant un nouvel apprentissage, celui de la vie. Ils sont entourés de toute une galerie de personnages bienveillants ayant à cœur de leur transmettre leur passion de la photographie, de la littérature et du cinéma…

 L’Amour debout se révèle être une œuvre juste et délicate, empreinte de légèreté et de fraîcheur, qui se décompose à l’image de la vie, en quatre saisons : l’automne et ses désillusions, l’hiver et la découverte de l’autre, le printemps et ses concrétisations amoureuses et l’été ses retrouvailles et l’acceptation d’un amour perdu qui ne pourrait plus exister aujourd’hui. L’Amour debout est aussi une véritable déclaration d’amour au cinéma, les personnages en parlent constamment, on voit même tout ce petit monde assister à une projection de La Maman et la putain de Jean Eustache à la Cinémathèque Française, ainsi qu’un hommage non dissimulé à Numéro Zéro lorsque Léa rend visite à sa grand-mère. Mais plus que le cinéma d’Eustache, L’Amour debout se situe à un croisement entre les cinémas d’Eric Rohmer et de Paul Vecchiali pour les plus anciens ou Guillaume Brac et Mikhaël Hers pour les plus contemporains, pour nous prouver que l’art peut être considéré comme un outil de découverte et d’affirmation de soi, pour nous prouver finalement que le cinéma c’est la VIE !

 

 

Jérôme Baverey

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