Reza de Alireza Motamedi

Isfahan, Ispahan et ses ponts, cette ville fantasmée nourrie de rêves et d’une tradition bien ancrée, est nommée comme lieu de l’action, mais ce sont plutôt ses traditions ésotériques et spirituelles qui fondent cette  romance d’aujourd’hui. Un couple se défait, et cherche les raisons de cette séparation. Tout se joue avec la bonhomie du personnage, Reza, qui en arabe signifie : contentement, satisfaction. Un personnage en dehors des clichés d’esthétique orientale. Central, il ne quitte pas l’écran, Contemplatif, il attend.

Passer devant le juge des divorces, c’est dire son consentement mutuel et obtenir un délai de trois mois et dix jours pour revenir sur sa décision, si tel devait être le cas. Les jours de Reza s’étirent entre matins lents et lourds, et soirs plus lumineux où les feux allumés dans la rue symbolisent le renouveau. Sauter par-dessus le feu, cette force vitale, signifie passer un cap, reprendre espoir : le soir ouvre sur un autre jour.

Cette histoire banale aujourd’hui se vit en miroir de la légende que Reza veut réécrire. Un vieil homme, presque centenaire, est abandonné, accepte de l’être, près d’une rivière et d’un tamaris. Il ne veut pas mourir, il ne meurt pas, il revit, par la bienfaisance d’une vierge. Reza sera pris de malaise sur un chemin puis pris en charge, sauvé et nourri par une séduisante cavalière noire.Vierge qui nourrit, abreuve, ou vierge noire montée sur un cheval ? La légende se mire dans les images d’aujourd’hui. On peut imaginer que le personnage vive l’épisode comme l’assurance d’une continuité : l’amour de son épouse pourrait-il renaître ?

Aujourd’hui, la société et les individus qui la composent, cherchent quelle voie emprunter et le cinéaste quelles voix plurielles pourront le mieux rendre compte de ce pays qui leur est cher.

Le chant qui plane sur le générique de fin invite à une longue rêverie parfumée d’Orient.

 

Josiane Bataillard et Catherine Marle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *