Conférence avec Philippe-Alain Michaud : « La reprise, histoire du cinéma et répétition »

 

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«Le passé n’est pas ce qui discrédite une oeuvre, mais c’est bien ce qui la justifie»

Hier en fin d’après-midi, nous avons assisté à une conférence dirigée par Philippe-Alain Michaud concernant le remake et de ce qu’on en pense dans le milieu du septième art à travers le temps. Le conférencier compare dans un premier temps le remake à un rituel malgache qui consiste à exhumer les morts. Dans un sens, il est vrai que le remake donne une seconde vie à une oeuvre oubliée, et qui ne le méritait pas. La reprise, c’est également mettre son propre génie dans un modèle déjà existant et savoir s’en démarquer. D’ailleurs, le cinéma lui-même peut être considéré comme ce rituel. En effet, redonner vie à des visages, des émotions, des événements en les filmant. Il y a comme un certain sens d’immortalité dans le cinéma.

Michaud explique que la critique moderniste considère un film irrecevable s’il a déjà été fait. Cela discréditerait l’oeuvre, comme l’explique le philosophe Kant, puisque selon lui la première propriété du génie serait l’originalité. La pensée hégélienne vient casser cette tendance, en montrant que le passé n’est pas ce qui discrédite une oeuvre, mais c’est bien ce qui la justifie. De plus, nous pouvons voir à travers l’histoire que le passé est en lien permanent avec le présent, déjà dans la littérature médiévale. A cette époque, il n’y avait en aucun cas de notion de propriété, et chaque écrivain reprenait des idées d’un prédécesseur pour s’en inspirer. Ainsi, il y avait une forme de remake littéraire.

En bref, ce fût une conférence vraiment très intéressante sur la notion du remake et de l’originalité, qui je pense sont des thèmes qui peuvent s’appliquer dans tous les arts.

Emeline

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