Retour sur… La Maison d’Aliona Zagurovska

L’intimité des gens à ciel ouvert, tel serait le fil rouge du court métrage d’Aliona Zagurovska. Malgré un climat ambiant de plus en plus défiant, où l’humain semble adopter un comportement quelque peu individualiste, la réalisatrice ukrainienne prend son courage et sa créativité à deux mains pour s’immiscer avec subtilité chez des anonymes laissant quant à eux « espérer une alternative à l’apathie urbaine ».

Au départ, on dénote une certaine gêne mécanique de la part des interrogés, mais celle-ci tend à se disperser au fur et à mesure que le dialogue s’établit.  Après que la réalisatrice ait interpellé quelques passants croisés au détour d’un jardin public, et essuyer le refus des plus réfractaires à l’idée de se dévoiler devant une caméra, on suit le parcours d’Éric : un quinquagénaire décomplexé puisqu’il ne semble en aucun cas s’étonner de la requête inhabituelle de la réalisatrice, qui est de nous ouvrir les portes de « sa maison ».

A peine passé la porte de son sanctuaire, le spectateur est immédiatement traversé par le vécu du protagoniste, comme en témoigne l’intérieur fourni de souvenirs de son appartement du XVIIIème arrondissement. Un homme qui au premier abord apparaît plongé dans une solitude routinière animée par la nostalgie de ses souvenirs, jusqu’au moment où sa mère pénètre dans l’appartement. Nous le suivons ensuite en dehors de ses murs pour y découvrir, rassuré, que l’homme connaît les habitués du quartier. Une œuvre sincère, touchante dont la seule frustration serait liée au format, c’est-à-dire la courte durée du film. Car comme tout être curieux que nous sommes, nous aimerions poursuivre cette invitation cinématographique afin d’en connaître davantage.

 Constance

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