Retour sur… Le Parc de Damien Manivel

« Deux adolescents se retrouvent dans un parc, ils se cherchent en l’arpentant dans une chorégraphie sentimentale désaccordée, timide et maladroite ». Tel est le pitch de départ du second long métrage de Damien Manivel présenté à l’occasion de la 31ème édition du festival Entrevues. Un film Le Parc, que certains cinéphiles ont pu également découvrir à Cannes dans la programmation de l’ACID.

Ce lieu « Le Parc » m’apparaît être le personnage central du film. Pour quelles raisons me direz-vous ? Car en dehors de ses paysages arborés, il est également un lieu vivant au travers duquel se déroule une multitude d’événements : on s’y promène, on y pratique un sport, on y observe la nature sous toutes ses coutures : des petits chemins sinueux aux vastes pelouses formant une étendue protectrice autour des promeneurs aventureux. C’est aussi un lieu intergénérationnel où s’entremêlent jeunes enfants chahuteurs et couples de vieillards joyeux. Parfois, on y parle même philosophie et psychanalyse au détour d’un sentier. Il est un endroit propice aux confidences, idéal pour surmonter des souvenirs d’enfance plus ou moins douloureux, ou des déclarations amoureuses à l’occasion d’un premier rendez-vous. Mais le parc peut être décrit tout aussi bien comme le lieu de l’expression de notre solitude, avec le sifflement silencieux du vent pour seule compagnie… En bref, un parc c’est l’expression du quotidien et de la vraie vie !

J’ai été séduite par la manière d’exposer ce lieu, qui finalement nous est à chacun familier. Qui n’a pas le souvenir, aussi ancien soit-il, d’une promenade improvisée ou d’un déjeuner champêtre sur ces vastes pelouses d’un vert éclatant. En revanche, j’admets avoir éprouvé une impatience face à la longueur de certaines séquences : celles-ci pouvant refroidir, ceux qui comme moi, recherchent avant tout une sorte d’intensité « pressée » de l’action.

Et pourtant, je vous engage à vivre ce rêve comme je l’ai vécu moi même, c’est une poésie que le réalisateur nous livre et nous enveloppe sans détour.

Constance

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