Appel à communications : Techniques et alimentation en temps de guerre

Appel à communications : Techniques et alimentation en temps de guerre

Activités, Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études
Food Will Win the War, US Food Administration, ca. 1917. (Gilder Lehrman Collection)
Food Will Win the War, US Food Administration, ca. 1917. (Gilder Lehrman Collection)

Appel à communications

Techniques et alimentation en temps de guerre

Journée d’études – Jeudi 30 novembre 2017 à Mulhouse

Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT, EA 3436), UHA

À l’issue de la bataille de Marengo (1800), Dunand, cuisinier de Napoléon Bonaparte, sert à ce dernier une sauce inédite, fruit des circonstances de l’heure, qui rehausse un plat de poulet et d’écrevisses. Par delà l’anecdote qui témoigne d’une recette aux aspects techniques qui relèvent plutôt de l’utilisation de ressources disponibles sous la main, l’alimentation en période de guerre s’avère souvent difficile, à la fois pour les populations civiles et les combattants, aussi bien sur le plan nutritionnel qu’en raison des restrictions du volume de denrées disponibles. Sur le plan technique, comment est-il possible d’apporter des améliorations pour donner à manger correctement au plus grand nombre de personnes alors que les conditions du moment constituent autant d’entraves ? Lors des conflits contemporains, voient le jour des initiatives techniques novatrices ou de nature à s’inspirer de pratiques anciennes afin d’augmenter les volumes de productions agricoles ou d’adapter des recettes face à la pénurie et aux restrictions, de veiller à un conditionnement plus particulièrement adapté à la conservation des produits et des mets ainsi que, enfin, de mettre en place les transports les plus adéquats afin de permettre de nourrir au mieux le plus grand nombre de personnes tout en cherchant à garantir la sécurité de la chaîne alimentaire.

Productions alimentaires, recettes et cuisine

Des techniques de forçage dans les potagers, en passant par une translation de cultures comme la betterave à sucre lors de la Grande Guerre en dehors des zones de combats avec les transformations de l’outillage inhérentes à un tel changement jusqu’aux modifications de machines  qui  en  découlent  pour  l’industrie  agroalimentaire,  le  secteur  de  la  production connaît des bouleversements techniques dans la vie quotidienne agricole. Le fait de chercher à produire davantage avec moins de bras en raison des réquisitions de main d’œuvre pour la conscription  ou  pour  être  au  service  de  l’occupant  entraîne  des  répercussions  dans l’agriculture. Des cultures, comme celles du rutabaga et du topinambour, connaissent un regain d’intérêt au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Ces différents changements affectent la vie quotidienne des civils, au point que des livres de cuisine (Hélène DELAGE, Ginette MATHIOT, Je sais cuisiner) offrent des recettes de temps de guerre ou de pénurie pour pallier aux difficultés de préparer des repas. De leur côté, les militaires connaissent la cantine mais aussi la roulante ou popote, ainsi que le ragoût, le singe, la musette, la gnôle, le jus et bien d’autres appellations ou réalités nouvelles. Par delà ces nouveautés, dans quelle mesure de nouvelles techniques de production voient réellement le jour et s’imposent durablement ? Sur le plan agroalimentaire, les conflits conduisent-ils à des changements durables et profonds dans les modes de production agricole ?

Conditionnement et conservation

Dès 1806, l’Armée impériale s’approvisionne en conserves de Nicolas Appert. Depuis lors, les conserves de petits pois, de sardines à l’huile (Clair Fredj et Jean-Christophe Fichou, 2010) ou encore les boîtes de corneed-beef et les boîtes de ration de combat concourent à nourrir les militaires en opération. Dans son Grand dictionnaire de cuisine (1873), Alexandre Dumas se montrait élogieux à l’égard des moyens de conserver les aliments : « Les conserves sont une grande et précieuse ressource pour la marine et l’armée, ainsi que pour l’économie domestique. » L’importante consommation de sucre en 1915, la deuxième année de plus grande consommation à l’époque après 1913, s’explique par l’utilisation du sucre pour assurer la conservation des fruits. Plus récemment, à la fin du XXe siècle, la cuisine lors de la guerre en ex-Yougoslavie montre des soldats de l’ONU où la cuisine française se distingue, en particulier pour la fabrication du pain, illustrant le fait que l’ère des boîtes de ration présente ses limites. Outre les conserves, quels sont les autres moyens privilégiés pour consommer des produits frais des semaines ou des mois plus tard ? La question se pose également pour le poisson ou la viande. Les guerres conduisent-elles à des changements, des adaptations ou des transformations  des  procédés  de  conservation  mis  au  point ?  Comment  s’organise  le ravitaillement non seulement sur le plan alimentaire mais aussi pour les liquides consommés, en particulier l’eau ? Les conflits armés contribuent-ils à de grands changements techniques pour l’alimentation des populations ?

Transports et distribution

Le transport des denrées n’est évidemment pas le même en période de paix et en temps de guerre. L’acheminement du rata en première ligne aux soldats des tranchées de la Grande Guerre, la distribution de vivres aux populations civiles des territoires envahis lors de ce conflit ou encore le trajet effectué à travers l’Atlantique de viandes d’Argentine ou des États- Unis, de sucre de canne ou d’autres vivres du continent américain ne se posent pas dans les mêmes termes de 1914 à 1918 que dans les années précédentes. Au cours de la Grande Guerre, l’abattage de bêtes non loin du réseau des tranchées nécessite la mise en place d’installations spécifiques. À l’évidence, périodes de temps de paix et de guerre ne se superposent pas.

Par ailleurs, lors des conflits, se posent de multiples problèmes, aussi bien à propos de la vente des produits, de leur acheminement sur les lieux de consommation, de la mise en place de tickets de rationnement pour gérer la pénurie ambiante, de la situation plus particulièrement délicate des prisonniers de guerre, des personnes déplacées ou internées. La gestion de la pénurie par les États s’appuie sur une vaste propagande (affiches journaux magazines…). L’un des meilleurs exemples est la US Food administration créée en 1917 pour assurer le ravitaillement des troupes américaines et alliées, ainsi que celui de la population civile aux États-Unis et dans les pays alliés. La US Food administration assure la collecte de nourriture et gère la pénurie et le rationnement. Elle lance les meatless Mondays, le victory gardening par des campagnes d’affiches, des articles ou encore des cours (US School garden army) et promeut le slogan Food will win the war. Dans quelle mesure l’État parvient, ou non, à  organiser  un  nouveau  système  de  répartition  des  vivres ?  Comment  les  entreprises  se transforment-elles  et  participent-elles  aux  modifications  qui  marquent  la  société ?  Quels problèmes techniques et sanitaires doivent être résolus afin de répartir les denrées ? L’impact des nouveautés techniques demeure-t-il effectif lors du retour à la paix ?

Modalités de soumission

Par le biais de leurs membres, le Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les  arts  et  les  techniques  (CRESAT,  EA  3436)  de  l’Université  de  Haute-Alsace  et  les Archives nationales du monde du travail (Roubaix) projettent, pour la période contemporaine, une journée d’études sur le thème « Techniques et alimentation en temps de guerre ». La présentation de ces thèmes (productions alimentaires, recettes et cuisine ; conditionnement et conservation ;  transport  et  distribution)  n’exclut  pas  l’étude  d’autres  réalités  susceptibles d’être prises en compte à cette occasion, notamment la question de l’énergie.

Les personnes désireuses de proposer une communication sont invitées à adresser leurs  coordonnées,  un  résumé  (une  demi-page)  de  leur  proposition  d’intervention  et  la mention des sources envisagées à Ludovic Laloux (lclaloux@gmail.com), Hugues Marquis (hugues.marquis@univ-poitiers.fr), Gersende Piernas (gersende.piernas@culture.gouv.fr)  ou  Arnaud  Péters  (arnaud.peters@ulg.ac.be)  avant  le 20 octobre 2017. Les responsables de la journée d’études les en remercient.

Les communications retenues et le programme définitif de la journée d’étude seront connus  pour le début du mois de novembre 2017.

Organisation

  • Ludovic LALOUX : maître de conférences HDR en histoire contemporaine, Université de Bordeaux, CRESAT.
  • Hugues MARQUIS : docteur en histoire, professeur agrégé, Université de Poitiers.
  • Gersende PIERNAS : Archives nationales du monde du travail (Roubaix).
  • Arnaud  PÉTERS :  Centre  d’histoire  des  sciences  et  des  techniques  (Université  de Liège).
13/11/2017 – Clio en cartes 5 : cartographier la frontière hier et aujourd’hui

13/11/2017 – Clio en cartes 5 : cartographier la frontière hier et aujourd’hui

Activités, Agenda, Colloques et journées d'études

Clio-5-affiche-web 13 novembre 2017 – Journée d’étude

Clio en cartes 5 : cartographier la frontière hier et aujourd’hui

Argumentaire

Pour sa cinquième édition, Clio en cartes souhaite s’intéresser à la thématique des représentations cartographiques des frontières. Objets géographiques et historiques, ces dernières ont des incidences sur l’organisation des espaces et des sociétés et intègrent différentes dimensions (politique, symbolique et matérielle) qui peuvent être, au choix, ignorées ou au contraire prises en compte lors du processus d’élaboration des cartes.
On s’interrogera, d’une part, sur les enjeux de la cartographie des frontières hier et aujourd’hui d’autant plus que ces dernières connaissent de profondes transformations : dévaluation de certaines frontières dans le cadre du processus de construction européenne ; transfert de fonctions vers des frontières–nœuds (aéroports, ports) ; militarisation et édification de murs ; etc.  En quoi la cartographie permet-elle une représentation des frontières ou autrement dit, comment les cartes aident-elles à fixer, à un moment donné, une frontière ? Alors que, jusqu’au XIXe siècle, les contemporains distinguaient la « frontière » (registre de l’Etat, des principautés et de de la guerre) de la « limite » (plus précise, plus fine, contractuelle et polycentrique), on cherchera d’abord à étudier comment l’outil cartographique a permis, à l’époque, de représenter et de définir ces espaces de contacts avant de s’intéresser à la manière dont les chercheurs cartographient ces territoires. Porteuses d’un message politique, résultats de choix, les cartes fixent sur le papier – ou sur les écrans – des représentations de l’espace parfois contradictoires.
On cherchera, d’autre part, à étudier le rôle de la cartographie dans le processus de questionnement de la pertinence des frontières politiques aujourd’hui comme hier. Il s’agit en effet de rendre compte de phénomènes transfrontaliers complexes qui s’étendent parfois sur un temps long et sont ainsi confrontés à de multiples recompositions territoriales. Est-il possible de matérialiser la perméabilité d’une frontière ? Quelles sont les sources et méthodes à disposition des chercheurs ? Toutes les frontières sont-elles cartographiables ?
Ces questions dépassant le niveau des frontières étatiques contemporaines, les contributions devront permettre de construire une réflexion multiscalaire et diachronique.

La journée d’étude est organisée par l’Atlas historique d’Alsace (www.atlas.historique.alsace.uha.fr), une composante du CRESAT (www.cresat.uha.fr). Elle bénéficie du soutien du centre de compétences transfrontalières NovaTris.

Téléchargez le programme en PDF

Comité scientifique

Bernard Reitel, professeur de géographie, Université d’Artois
Nicolas Verdier, directeur de recherche, CNRS, et directeur d’étude, EHESS
Régis Boulat, maître de conférences en histoire contemporaine, UHA
Benjamin Furst, docteur en histoire moderne, ingénieur d’étude, UHA
Odile Kammerer, professeur honoraire d’histoire médiévale, directeur de publication de l’Atlas historique d’Alsace

Organisation

Régis Boulat | regis.boulat@uha.fr
Benjamin Furst | benjamin.furst@uha.fr
Odile Kammerer | odile.kammerer@gmail.com

 

Appel à communication : Clio en cartes 5

Appel à communication : Clio en cartes 5

Actualités, Agenda

Clio-5-affiche-webPour sa cinquième édition, Clio en cartes souhaite s’intéresser à la thématique des représentations cartographiques des frontières. Objets géographiques et historiques, ces dernières ont des incidences sur l’organisation des espaces et des sociétés et intègrent différentes dimensions (politique, symbolique et matérielle) qui peuvent être, au choix, ignorées ou au contraire prises en compte lors du processus d’élaboration des cartes.

On s’interrogera, d’une part, sur les enjeux de la cartographie des frontières hier et aujourd’hui, d’autant plus que ces dernières connaissent de profondes transformations : dévaluation de certaines frontières dans le cadre du processus de construction européenne ; transfert de fonctions vers des frontières–nœuds (aéroports, ports) ; militarisation et édification de murs ; etc.  En quoi la cartographie permet-elle une représentation des frontières ou autrement dit, comment les cartes aident-elles à fixer, à un moment donné, une frontière ? Alors que, jusqu’au XIXe siècle, les contemporains distinguaient la « frontière » (registre de l’Etat, des principautés et de de la guerre) de la « limite » (plus précise, plus fine, contractuelle et polycentrique), on cherchera d’abord à étudier comment l’outil cartographique a permis, à l’époque, de représenter et de définir ces espaces de contacts avant de s’intéresser à la manière dont les chercheurs cartographient ces territoires. Porteuses d’un message politique, résultats de choix, les cartes fixent sur le papier – ou sur les écrans – des représentations de l’espace parfois contradictoires.

On cherchera, d’autre part, à étudier le rôle de la cartographie dans le processus de questionnement de la pertinence des frontières politiques aujourd’hui comme hier. Il s’agit en effet de rendre compte de phénomènes transfrontaliers complexes qui s’étendent parfois sur un temps long et sont ainsi confrontés à de multiples recompositions territoriales. Est-il possible de matérialiser la perméabilité d’une frontière ? Quelles sont les sources et méthodes à disposition des chercheurs ? Toutes les frontières sont-elles cartographiables ?

Ces questions dépassant le niveau des frontières étatiques contemporaines, les contributions devront permettre de construire une réflexion multiscalaire et diachronique. Merci d’envoyer vos propositions (titre, court argumentaire, titulature) avant le 30 juin 2017 à benjamin.furst@uha.fr.

Téléchargez l’appel à communication au format PDF.

 

Comité scientifique :

  • Bernard Reitel, professeur de géographie à l’Université d’Artois (Discontinuités)
  • Nicolas Verdier, directeur de recherche au CNRS (Géographie-cités) et directeur d’étude à l’EHESS
  • Régis Boulat, maitre de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace (CRESAT)
  • Benjamin Furst, ingénieur d’étude, doctorant en histoire moderne (CRESAT)
  • Odile Kammerer, professeur honoraire d’histoire médiévale à l’Université de Haute-Alsace (CRESAT).

Comité d’organisation : Régis Boulat, Benjamin Furst, Odile Kammerer, UHA (CRESAT)

 

07/04/2017 – Journée d’étude “Identité numérique – Au-delà du formatage ?”

07/04/2017 – Journée d’étude “Identité numérique – Au-delà du formatage ?”

Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études

Affiche JE identité numérique7 Avril 2017 – Journée d’étude

 “Identité numérique – Au-delà du formatage ?”

Le CRESAT et le département Information & Communication de l’UHA organisent le vendredi 7 avril la journée d’étude “Identité numérique – Au-delà du formatage ?”. Les conférences se dérouleront au campus Fonderie à partir de 10h30.

Téléchargez le programme détaillé

Argumentaire

Cette journée fait suite aux travaux du CRESAT autour de l’interprétation des données (Projets Traces 2013), des méthodes digitales (JE 2015), de la mémoire (JE 2016), du projet CUMEN (2016-2017), et à son programme de recherche pluriannuel interdisciplinaire et interculturel sur l’usage des médias numériques.

Dans Les Fabriques de soi. Identité et industrie sur le web, Gustavo Gomez-Mejia met en évidence le formatage partiel de nos identités sur le web contemporain. Certes, toute identité est toujours médiée par un dispositif de communication (par exemple une carte d’identité) qui lui donne une forme spécifique (identité civile : âge, sexe, ville, etc.) et la standardise. Mais certains dispositifs – les « réseaux sociaux » sur le web, – semblent porter ce processus à son paroxysme, en l’industrialisant. En effet, l’usager passe nécessairement par des contraintes éditoriales et techniques (les cadres d’écriture : logiciel, mise en page, formats des statuts, typographie, etc.) pour se dire, partager un article ou exprimer un sentiment (bouton « like »). Autrement dit : le dispositif prend en charge chacun de ses gestes, de ses affects et de ses actions. On peut ainsi légitimement douter de la possibilité d’expressions propres, malgré la tendance de ces espaces à fournir des éléments de personnalisation et à produire des discours sur la créativité et l’autonomie des usagers. Ces derniers apparaissent alors plutôt comme les promoteurs de ces dispositifs dont ils incorporent les logiques marchandes et marketing pour valoriser leurs partenaires industriels.

Ce constat critique est indéniable, salutaire et fondamental. Il représente le point de départ de notre démarche. Mais peut on envisager sa mise en relation étroite avec d’autres approches à l’heure. L’évolution récente des travaux consacrés à la question des identités numériques ne permet-elle pas son élargissement ? Non que nous aimerions célébrer une énième fois les « ruses » des usagers, capables de détourner les contraintes des dispositifs en bricolant des tactiques de résistance – cette dialectique post-certienne est encore utile, même si elle a conduit à « usage extrêmement répétitif » (1). La journée d’étude « Identités numériques : au-delà du formatage ? » (Université de Haute-Alsace, laboratoire CRESAT) souhaiterait interroger la possibilité de penser l’identité telle qu’elle prend (notamment) forme sur les écrans avec toute la complexité qu’implique cette médiation. Quelles sont les formes expressives observables au sein et aux alentours des espaces industriels et standardisés ? Comment penser conjointement l’ensemble des espaces, des supports (en ligne, hors ligne) et des postures qui servent à la production de nos « fragments de personnalité » (2) ? Quelles méthodologies déployer pour saisir la matérialité de nos identités ?

(1) Yves Jeanneret, Critique de la trivialité, Editions Non Standard, 2014, p. 378.
(2) Milad Doueihi, « L’identité à l’ère des Digital Humanities » dans Jean-Paul Fourmentraux (dir.), Identités numériques. Expressions et traçabilité, CNRS Editions, coll. « Les Essentiels d’Hermès », p. 38.

.

 

24/03/2017 – Journée d’étude “L’éducation aux médias au prisme international”

24/03/2017 – Journée d’étude “L’éducation aux médias au prisme international”

Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études

affiche finale JE 2424 Mars 2017 – Journée d’étude

“L’éducation aux médias au prisme international”

Le CRESAT organise le vendredi 24 mars une journée d’étude sur le thème “l’éducation aux médias au prisme international”. Les conférences se dérouleront au campus Fonderie à partir de 10h.

Téléchargez le programme détaillé

 

Argumentaire

En raison de la médiatisation grandissante de nos sociétés (Hepp, Couldry, 2016) et de la « révolution numérique » traversant nos frontières politiques et sociales, tout en en créant d’autres (Rieffel, 2014), l’éducation aux médias est un concept profondément international, et fondamental pour comprendre les enjeux éducatifs. La nécessité de former les citoyens à l’usage des médias et le besoin de développer un esprit critique face aux industries de l’information et à leurs dérives (« filter bubble », théories conspirationnistes, « fake news ») ont contribué à faire de l’éducation aux médias, parallèlement aux questions de régulation des marchés et écosystèmes médiatiques (Sonnac 2013), un enjeu éducatif important et reconnu comme tel dans de nombreux endroits du monde, et ce dès le début du 20è siècle avec l’émergence du média film (Schorb, 1995).

L’importance de l’éducation aux médias est reconnue au niveau supra-national ; l’Union Européenne et l’UNESCO ont développé des recommandations en ce sens, encourageant les Etats membres à se structurer et à se saisir de la question pour permettre à chacun de s’exprimer et de créer des contenus médiatiques afin de participer à la société et ainsi d’atteindre un plus haut niveau d’inclusion (Unesco, 2013).

La capacité à savoir se servir des outils de communication et des outils de travail bureautiques étant devenue un prérequis fondamental pour l’accès au marché du travail, l’acquisition de ces compétences est également devenue nécessaire, menant progressivement les systèmes éducatifs à s’adapter en intégrant des modules de formations aux TUIC (Technologies usuelles d’information et de la communication) et de l’EMI (éducation aux médias et à l’information).

Malgré ce cadrage, les missions attribuées à l’éducation aux médias varient d’une société à l’autre. Elle peut ainsi exister en tant qu’enseignement transversal, comme discipline à part entière, ou encore être laissée à la liberté des enseignants.

Au fond nous souhaitons savoir ce que la comparaison et l’échange d’expérience au niveau international peut nous apporter pour non pas simplement oeuvrer dans le sens « des capacités dont une personne est dotée, mais des libertés ou des possibilités créées par une combinaison de capacités personnelles et d’un environnement politique, social et économique » (Nussbaum, p.39) ?

Le laboratoire CRESAT (E.A. 3436), dans le cadre du projet CUMEN, a souhaité se saisir de ces questions et propose une suite de journées d’étude sur ce sujet, suite à celle de 2015 sur les médias éducatifs, en collaboration avec le département des sciences de l’information et de la communication et l’ESPE et avec le concours du Master MEEF professeur documentaliste.

Laurence CORROY introduira les spécificités françaises dans une perspective comparative, les présupposés de l’éducation aux médias ayant été pensés différemment en Amérique du Nord et du Sud. Des communications sur le système suisse et allemand par Florence QUINCHE et Markus RAITH enrichiront ce panorama et mèneront à une table ronde sur ce sujet.
La deuxième partie de notre journée d’étude sera l’occasion de nous interroger sur la mise en place de l’éducation aux médias, ses contradictions et ses aspects pratiques. Nous passerons de la théorie au terrain avec une communication de Brigitte SIMMONOT sur les paradoxes de l’application de l’éducation aux médias et à l’information en France ; ensuite, Sabine BOSLER présentera l’éducation aux médias dans l’enseignement agricole et présentera ces pratiques méconnues. Lors de la table ronde finale, la contribution de Stefanie WOESSNER du centre média Baden Wurtemberg (LMZ BW) seront l’occasion d’en apprendre davantage sur la manière dont l’éducation aux médias se déploie dans ce Land allemand, selon quelles modalités et avec quelles attentes.

Références
  • Corroy Laurence, Education et médias, la créativité à l’ère du numérique, Iste éditions, 184 p., 2016.
  • Hepp Andreas, Couldry Nick, The Mediated Construction of Reality, Wiley-Blackwell, 256 p., 2016.
  • Nussbaum Martha, Chavel Solange [trad.], Capabilités. Comment créer les conditions d’un monde plus juste ?, Paris, Flammarion, coll. « Climats », 300 p., 2012.
  • Rieffel Rémi, Révolution numérique, révolution culturelle ?, Coll. « Folio actuel », Folio, 352 p., 2014.
  • Schorb Bernd, Medienalltag und Handeln. Medienpädagogik in Geschichte, Forschung und Praxis, Opladen, Leske+Budrich, 1995.
  • Sen Amartya, Repenser l’inégalité, Coll. « L’histoire immédiate », Seuil, 281 p. 2000.
  • Simonnot Brigitte, Culture informationnelle, culture numérique : au-delà de l’utilitaire, Les Cahiers du Numérique, n°3, pp.25-37, 2009.
  • Stiegler Bernard, La Société automatique: 1. L’avenir du travail, Coll. « Essais », Fayard, 300 p. 2015.
  • Sonnac Nathalie, « L’écosystème des médias », Communication [En ligne], Vol. 32/2 | 2013, mis en ligne le 08 avril 2014, consulté le 16 mars 2017. URL : http://communication.revues.org/5030
17/03/2017 – Journée d’étude “Économie des médias numériques”

17/03/2017 – Journée d’étude “Économie des médias numériques”

Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études

Affiche JDE 17.03 V317 Mars 2017 – Journée d’étude

“Économie des médias numériques”

Le CRESAT organise le 17 mars prochain une journée d’étude sur le thème “Économie des médias numériques”. Les conférences se dérouleront au campus Fonderie à partir de 9h.

Téléchargez le programme complet

 

Argumentaire

Pourrions-nous aujourd’hui étudier les médias, et plus globalement les industries créatives, sans étudier le numérique ? L’environnement numérique actuel – gravitant autour du web – est fondamentalement un environnement médiatique, se positionnant depuis une vingtaine d’années comme le point de convergence par lequel les médias – et avec eux les pratiques culturelles et informationnelles – se réinventent. Investi par des acteurs variés aux objectifs distincts – entreprises, parties civiles, tout autant que pouvoirs publics – ses composantes technologique, économique, et réglementaire ne cessent de se définir. Cette construction permanente d’un écosystème digital multimodal s’accompagne assurément de transformations conséquentes dans les usages culturels et médiatiques des populations, soulevant en simultané des questions d’ordre économique, éthique, et juridique dont il convient de s’emparer. Alors que les consommateurs- usagers de la culture développent de nouveaux usages, les entreprises réinventent leurs modèles d’affaires, repensent la création de valeur, son partage, sa protection. Economie des plateformes, usage des données personnelles, propriété intellectuelle d’une part ; comportements contributifs, nouvelles pratiques de sociabilité ou encore notoriété artistique de l’autre, sont autant de thématiques que cette journée d’étude se proposera d’aborder. En combinant les approches de l’économie numérique, des sciences de l’information et de la communication, et de la sociologie de la culture, il s’agira par-là de rendre compte d’un état du monde médiaticonumérique dans lequel nous vivons, et de la manière singulière dont la culture et ses usagers s’y insèrent.

30 – 31/03/2017 – Colloque “Les arts décoratifs au musée – Instruction, collection et patrimonialisation”

30 – 31/03/2017 – Colloque “Les arts décoratifs au musée – Instruction, collection et patrimonialisation”

Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études

affiche colloque 30-31 mars30 & 31 Mars 2017 – Colloque

Les arts décoratifs au musée – Instruction, collection et patrimonialisation

Le CRESAT organise les jeudi et vendredi 30 et 31 mars prochain le colloque “Les arts décoratifs au musée – Instruction, collection et patrimonialisation“. L’évènement aura lieu au campus Fonderie de l’UHA, à Mulhouse.

Téléchargez le programme détaillé

 

Comité d’organisation : Aziza Gril-Mariotte, Maître de conférences en histoire de l’art, Université de Haute-Alsace

Comité scientifique :

  • Arnaud Bertinet, Maître de conférences en histoire de l’art – Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Hervé Doucet, Maître de conférences en histoire de l’art – Université de Strasbourg
  • Rossella Froissart, Professeur d’histoire de l’art contemporain – Université d’Aix-Marseille
  • Bernard Jacqué, Conservateur honoraire du musée du papier peint de Rixheim – chercheur associé au CRESAT
  • Dominique Poulot, Professeur Université Paris I – Paris Sorbonne
  • Pauline Prevost Marcilhacy, Maître de conférences en histoire de l’art – Lille 3

 

29/03/2017 – Conférence de Dominique Poulot

29/03/2017 – Conférence de Dominique Poulot

Actualités, Agenda

l-art-d-aimer-les-objets.jpg29 mars 2017 – Conférence

 

Conférence de Dominique Poulot à l’occasion de la sortie de son dernier livre, L’art d’aimer les objets, édition HERMANN

Mercredi 29 mars à 18h

Conférence dans le cadre des Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement Supérieur (JACES)

 

L’écriture du patrimoine français a longtemps hésité entre la glorification des collections nationales et la critique de la perte du contexte des œuvres – aux dépens d’une approche du processus de patrimonialisation, de ses acteurs et de ses pratiques. On fait ici le pari d’une histoire de l’art d’aimer certains objets, en croisant les savoirs et les émotions, les investissements personnels et les disciplines institutionnelles, les projections et les appropriations. Les exemples choisis vont de la Révolution à nos jours, et envisagent aussi bien les chefs-d’œuvre de l’art au musée que l’inscription de la société dans les dispositifs patrimoniaux contemporains. On constate à chaque fois que l’attachement pour des choses jugées précieuses accroît leur profondeur et leur densité, engage des identifications de leurs « amis », travaille enfin à différentes représentations collectives. La cristallisation patrimoniale autorise ainsi sinon une unité imaginée des héritages au moins l’ambition de leur construction commune.

poulotDominique Poulot est professeur des universités à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialisé dans l’histoire du patrimoine et des musées. Agrégé d’histoire (1978), il a été professeur aux universités Pierre Mendès France (Grenoble II) et François Rabelais (Tours) avant de rejoindre l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il consacre ses recherches à l’histoire de l’institution de la culture, notamment aux phénomènes de patrimonialisation. Il est membre du  conseil scientifique du Musée du Louvre et de la commission scientifique nationale des collections.

Conférence organisée par le Campus Fonderie, le CRESAT avec le soutien du SUAC – Université de Haute-Alsace, en collaboration avec la librairie Librairie 47° Nord.

rrfefefdc

26/01/2017 – Journée d’étude “Traces du protestantisme en Alsace XIXe-XXe siècles”

26/01/2017 – Journée d’étude “Traces du protestantisme en Alsace XIXe-XXe siècles”

Actualités, Non classé

affiche-protestantisme en Alsace26 Janvier 2017 – Journée d’étude

“Traces du protestantisme en Alsace XIXe-XXe siècles”

Le CRESAT, le SUAC et la Bibliothèque Universitaire de la Fonderie organisent le jeudi 26 janvier 2017 la journée d’étude “Traces du protestantisme en Alsace XIXe-XXe siècles“. L’évènement aura lieu au campus Fonderie de l’UHA, à Mulhouse.

Téléchargez le programme complet

 

 

 

 

 


 

ARGUMENTAIRE

1517 marque, symboliquement, la première diffusion des thèses de Martin Luther, et reste un moment fondateur pour le protestantisme, même si la Réformation s’est élaborée sur une période plus longue et par strates successives, grâce à l’action d’autres réformateurs comme Jean Calvin. L’Alsace, alors particulièrement morcelée, connaît la même diversification religieuse que la plupart des territoires du temps avec la conversion aux Réformes protestantes de certaines de ses villes et de ses habitants. Elle demeure, une fois réunie à la France, une terre présentant un visage religieux spécifique du fait même de ces protestantismes qui, bien que minoritaires, irriguent fortement la société alsacienne.

Cinq siècles plus tard, à l’occasion donc de l’anniversaire de la Réformation, il paraît légitime de se demander quel héritage du luthéranisme et du calvinisme il est possible de percevoir dans l’Alsace contemporaine.

Il ne s’agira pas ici de rendre compte de l’histoire interne des Églises ni même de celle de leurs fidèles. La journée d’étude, essentiellement consacrée aux XIXe et XXe siècles, entendra revenir plus spécifiquement sur les traces laissées par les Réformations sur la vie culturelle, patrimoniale, politique, sociale ou encore économique de cette région française.

Cette journée d’étude se prolongera par le vernissage de l’exposition d’art conceptuel Luther en automne – en présence des artistes – dont l’objectif est de rendre compte d’une empreinte protestante dans les trois départements concordataires actuels : Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin. Elle est constituée de film, poésies et photographies d’Élisabeth Schlenk et Philippe François et sera visible du 26 janvier au 18 février 2017 à la Bibliothèque universitaire du campus Fonderie de l’Université de Haute-Alsace.